C’est au cœur du massif de l’Aigoual, dans le parc national des Cévennes, que naît le Bonheur. Le Bonheur est une rivière qui passe sous le Causse de Camprieu, devient souterraine pendant 800 mètres avant de retrouver l’air libre dans le site vraiment surprenant de l’Abîme de Bramabiau. Mais attention : ce « Bonheur » porte bien mal son nom. Les locaux l’appelaient autrefois le « Bonheur des Ténèbres », et pour cause. Cette faille monstrueuse a la réputation d’être un dévoreur d’humains. Combien de corps y ont disparu à jamais ? On ne les compte plus.
Comment visiter l’Abime de Bramabiau en camping-car
Un parking payant à camping-car vous permettra de vous garer et même de rester la nuit sans supplément. Pratique… tant que vous ne vous approchez pas trop près du bord quand la rivière gonfle. Parce que oui, quand les pluies tombent, le Bonheur se transforme en torrent furieux qui rugit comme un taureau enragé (d’où le nom « bramabiau » en patois). Et ce rugissement a déjà couvert les cris de ceux qui n’ont jamais refait surface.
La visite guidée vous permettra de longer la rivière jaillissante sur une passerelle à quelques mètres des eaux. Comme tous les lieux souterrains, il y fait très froid (autour de 10 °C), et la présence de l’eau n’est pas faite pour augmenter la température. Prévoir de quoi vous habiller chaudement… très chaudement. L’hypothermie guette, et elle n’a pas fait de cadeau à tous ceux qui ont sous-estimé l’endroit. Une spéléologue en a fait les frais récemment : chute dans un gouffre, extraction en urgence par les pompiers, début d’hypothermie. Le genre d’incident qui rappelle que l’Abîme ne pardonne pas l’imprudence.

Peut-être moins grandiose que l’Aven Armand tout proche, ce « Caprice de la nature » comme l’appelait Alfred Martel, le père de la spéléologie française, reste un site très particulier. Et surtout très mortel. En 1888, avant même que Martel ne s’y aventure, un certain Vidal, surnommé « La Trouche », y a disparu corps et biens dans la Perte du Bonheur. Suicide ? Accident ? On ne saura jamais. Son corps n’a jamais été retrouvé. Les villageois racontaient déjà que l’abîme avalait les imprudents. Martel lui-même, en juin 1888, a tenté la traversée avec son équipe en sachant pertinemment qu’il risquait sa peau. Ils ont démarré par la sortie pour ne pas se faire emporter par le courant. Cascades infranchissables, corniches glissantes, eau glacée… Ils ont frôlé la catastrophe plus d’une fois. C’est pourtant ce jour-là que la spéléologie moderne est née… sur un site déjà réputé pour ses disparition
Et ce n’est pas tout. Dans les années 1920-1930, un certain Aimé Cazal a même simulé la disparition de trois étudiants pour attirer les journalistes et faire parler de l’abîme. Preuve que la légende du « dévoreur d’humains » vendait déjà bien. Plus tard, en 1983, des spéléologues ont découvert un réseau entier de galeries (le « réseau Félix-Mazauric ») avec… une nécropole préhistorique contenant une trentaine de squelettes humains et des empreintes de pieds nus dans l’argile. Des gens qui sont descendus là il y a des milliers d’années et qui n’en sont jamais ressortis. Ajoutez à ça des dizaines de contre-empreintes de pattes de dinosaures datant de 200 millions d’années sur les voûtes, et vous avez l’impression de marcher dans un gigantesque tombeau naturel.
Aujourd’hui, on estime que plus de 11 km de galeries et de labyrinthes ont été explorés. Mais personne ne prétend les connaître tous. L’eau continue de gronder, les parois suintent, et le froid vous ronge les os. On dit que certains jours, quand le débit est fort, on entend encore des bruits étranges qui ressemblent à des appels étouffés.
Bref, un endroit magnifique… à condition d’avoir conscience que la nature, ici, a toujours le dernier mot. Et qu’elle aime particulièrement les imprudents.
Aires de Service à Abime de Bramabiau
Parking de l’Abime de Bramabiau
Si vous avez payé la visite, vous pourrez passer la nuit sur le parking. Point d’eau sans possibilité de rSi vous avez payé la visite, vous pourrez passer la nuit sur le parking. Point d’eau sans possibilité de remplir vos réservoirs. Tarif : sans supplément.
Conseil de survie : ne laissez personne s’éloigner seul la nuit. L’abîme n’a pas fini de collectionner ses proies.

Par où continuer votre voyage en camping-car ?

De l’autre côté du Causse Noir se trouve la grotte de Dargilan. Suivez la D989 vers Meyruels, la grotte est très bien indiqué.




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