C’est tellement plus facile de sourire que d’être heureux

Longtemps, je faisais plein de jeux vidéos. Vraiment plein. L’autre soir, il pleuvait et j’ai voulu dépoussièrer mon brave personnage sur TESO, je me suis rendu compte que je n’y avais pas joué depuis 6 mois et que j’avais 12 Go de mise à jour à télécharger. Donc, j’ai laissé tomber. Tant pis pour lui. Désolé Falkenstern, lame sombre de nation de Dague Filante.

Quand j’y repense je me rappelle que je disais souvent que je jouais en touriste: je visitais les régions, je lisais même les histoires. Faut dire que TESO est bien fait pour ça. Mais même quand j’étais sur d’autres MMO comme Archeage, pourtant un jeu très compétitif, moi ce qui m’intéressait c’était de visiter de nouvelles zones. C’est comme si ces jeux vidéos étaient pour moi des palliatifs, des échappatoires pour me faire patienter jusqu’à l’été prochain où je pourrais partir en vacance.

Autant dire que depuis que j’ai pris la route, b’in je joue plus du tout. Ca ne me fait plus envie du tout, vraiment plus. Et ce n’est pas juste parce que que les batteries ne tiennent pas longtemps le choc lorsque la carte 3D se met en route…

Mais comment diable j’ai mis autant de temps à comprendre ? A réaliser que cette vie n’était pas faite pour moi ? Que le chemin que je suivais n’était pas le bon ? C’était pourtant tellement clair, évident ! Le monde, la vie me le criait ! Mon tatouage criant aux oiseaux “Je suis en vie !”, inspiré du film Into the Wild… Mon besoin farouche d’indépendance professionnelle… Cette attirance irrésistible pour tout ce qui était rebelle et provoc’ (regardez les gens: vous voyez bien qu’il y a un truc qui va pas dans cette société, non ?). Et moi, nunuche de première, j’ai continué à faire semblant, à avancer dans cette société, ne comprenant pas pourquoi je n’y étais pas plus épanoui.

Ma chanson préférée de Pearl Jam est Guaranteed. (et aussi Just Breath, pour d’autres raisons). Ma chanson préférée des Foo Fighters est Walk. Ma chanson préférée de Didier Super est… euh… non, c’est hors sujet.

J’ai tout bien fait comme on m’a dit. J’ai eu mon ‘tit diplôme. J’ai envoyé mon CV, honnêtement, sincèrement. Je vous raconte pas les boulots de merde que j’ai fait… J’ai payé mes impôts. j’ai pris un crédit hypothécaire pour acheter une maison. J’ai même voté… bon je le fais plus depuis longtemps… depuis 2002… deuxième tour… de funeste souvenir. Je me suis levé tous les matins tôt. Je suis parti bosser à l’usine, au Parlement Européen. J’ai tout fait comme il fallait.

Et pourtant… Et pourtant, je n’avais pas ma place. Je n’ai pas récolté les fruits de cette société. Le coût du métro/boulot/dodo était, pour moi, bien trop lourd à payer. Comment est-ce possible que j’ai mis 47 ans à comprendre cela ?J’suis vraiment pas un rapide…

Jamais je me suis senti à ma place. J’ai toujours trouvé la vie d’une vacuité sans nom. Autant la mienne que celle des autres.

Alors, une fois encore, je ne sais pas trop combien de temps ça va durer, cette vie sur la route. Je ne sais pas si le monde qui change me le permettra encore. Mais ce que je sais, c’est que, pour la première fois de ma vie, je suis à ma place. Et que pour la première fois de ma vie, plutôt que de sourire, je suis heureux.

TESO
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